Philippe-Jacques van Bree est né à Anvers en 1786. Il étudie à l’Académie royale des Beaux-Arts, où il est formé notamment par son frère aîné, Matthieu, également peintre. En 1811, van Bree s’installe à Paris, où il suit l’enseignement du célèbre peintre et dessinateur français Anne-Louis Girodet-Trioson. En 1816, il obtient une bourse qui lui permet de voyager à Rome, où il rejoint une petite communauté d’artistes expatriés néerlandais et belges. Il y demeure jusqu’en 1834, date à laquelle il retourne à Bruxelles. Il y deviendra par la suite directeur du Musée royal des Beaux-Arts.
En tant qu’artiste, van Bree débute en peignant principalement des œuvres historiques dans un style romantique. Par la suite, il est influencé par l’orientalisme, influence clairement perceptible dans la présente œuvre, très lumineuse, qui représente Corinne au cap Misène, scène tirée du roman Corinne ou l’Italie, écrit par Madame de Staël en 1808. Dans ce roman, l’héroïne Corinne est une poétesse italienne admirée et farouchement indépendante, qui tombe pourtant amoureuse du séduisant Oswald, un jeune lord britannique. Les deux protagonistes s’aiment, tout en sachant qu’ils ne peuvent être réunis, Oswald ayant promis à son père mourant d’épouser une Anglaise.
La scène au cap Misène correspond au moment où Corinne prend conscience de l’impossibilité de cet amour ; c’est là qu’elle écrit à Oswald une lettre lui révélant son histoire. Cet épisode décisif a été représenté par plusieurs artistes contemporains, notamment par François Gérard, élève de Jacques-Louis David, qui réalisa Corinne au cap Misène entre 1818 et 1822 pour le prince Auguste de Prusse et Juliette Récamier, proches de Madame de Staël. Ici, van Bree représente une Corinne très élégante, accompagnée d’une servante, méditant sur son destin tragique, tandis qu’à l’arrière-plan le Vésuve grondant, projetant des cendres dans les airs, symbolise ses tourments intérieurs.
