Walter SAUER (Saint-Gilles, 1889 – Alger, 1927)

RÊVERIE

49,8 x 39,4 cm
1919. Graphite et pastel gras sur papier huile. Signe, monogramme et date au crayon en bas a droite 1919 WS

Walter Sauer étudia la peinture décorative auprès, notamment, du symboliste Constant Montald aux Beaux-arts de Bruxelles. Après un séjour européen, il exposa au Salon de la Libre Esthétique en 1914 et au Salon triennal de Bruxelles, se destinant à la grande peinture décorative.

Toutefois, à partir de 1916, n’étant pas mobilisé pour des raisons de santé, il abandonna la peinture pour se consacrer au dessin. Il exposa plusieurs oeuvres, toutes centrées sur la Femme, au Salon des peintres et sculpteurs du Nu en 1917.
Son succès commença réellement avec les Années Vingt. Ainsi, en 1923, quatre-vingt-deux de ses oeuvres furent exposées au Cercle Artistique et Littéraire de Bruxelles, et il participa à l’Exposition internationale des Arts Décoratifs en 1925, à Paris. Il obtint un poste à l’Académie d’Ixelles. Mais, parti en Algérie en 1927 pour se documenter avant de réaliser une commande pour le Baron Allard, il tomba malade et mourut à Alger.

La formation de l’artiste auprès de maîtres symbolistes a marqué l’art de Walter Sauer. Ses figures féminines, très présentes dans sa production artistique, sont ambivalentes. Elles sont représentées rêveuses, méditatives ou en extase : soit sages, soit sensuelles.
En 1918, Walter Sauer avait représenté plusieurs figures de religieuses priant (La novice, 1918, pierre noire et pastel sur papier ciré, 55 x41 cm, coll. particulière, ou encore. Leurs cheveux sont cachés par un voile et les mains sont jointes sur les lèvres.

Sur notre dessin, l’artiste reprend ces figures féminines dans une variante profane : la femme a les yeux clos, un léger sourire sur la bouche et ses mains caressent son menton. Walter Sauer a d’ailleurs repris cette composition dans d’autres dessins en variant la position des mains et les couleurs chatoyantes du foulard.
L’artiste trace ses traits avec sûreté et précision en utilisant un léger cerne noir. Seules deux taches de couleur vive, pour la bouche et le foulard, viennent animer le modèle, encadrant son visage.

Ce dessin rappelle la technique de l’estampe orientale que Walter Sauer avait découvert avant-guerre par le biais d’un antiquaire japonais. L’artiste a ciré le papier pour donner un aspect ivoirin à la jeune femme, peut-être inspiré en cela par les statuettes d’ivoire d’Extrême-Orient.
M.L.M.

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