Albert BESNARD (Paris, 1849-1934)

A l’Opéra

60 x 50 cm
Avant 1900. Huile sur toile. Signé en bas à droite ABesnard

Provenance
· Vente Buenos-Aires, J.-C. Naon et Cie, 4 novembre 1997, lot 4.
· Vente Buenos-Aires, J.C. Naon et Cie, 30 novembre 2011, lot 95.
· Chili, collection particulière.
· France, collection particulière.

Albert Besnard a plusieurs fois traité des femmes dans leur loge à l’Opéra, lieu de l’ombre et de la lumière. Il y concentre toujours l’attention sur les visages vus de près dans un cadrage resserré. Avec quelques variantes, il a reproduit les traits de cette même femme rousse à l’Opéra, sur une huile et un pastel de dimensions proches (0,62 x 0,51 m, loc. inconnue). Déjà depuis Henner, le roux était fort prisé des peintres qui y voyaient l’occasion de mettre en avant la blancheur de la peau de leurs modèles.

L’huile présentée ici nous montre une auditrice pénétrée par ce qu’elle écoute, gantée de blanc, la joue appuyée contre sa main gauche et tenant dans la main droite une paire de jumelles de théâtre (sur le pastel, les jumelles ont été remplacées par un éventail). Plus loin, creusant l’espace, se profile une autre spectatrice, munie elle aussi de jumelles. Le tableau est inondé d’une chaude lumière cuivrée qui semble émaner de sa chevelure fauve et incendier ses joues.

Il est vrai que le peintre avait coutume d’utiliser ingénieusement la lumière qui métamorphose toutes choses. Elle lui a servi à assurer le passage du roux de la chevelure au rouge du fond de la composition, en vue de faire ressortir la carnation éclatante de la jaune femme, délibérément accentuée par le tissu lourd et noir d’une sorte de cape jetée sur ses épaules. En observateur minutieux et virtuose, il a, en outre, juxtaposé les semblables en les modelant légèrement : les blancs du corsage, des chairs et des gants ; rouges des cheveux, du visage et du fond.

Chantal Beauvalot

Bibliographie de l’oeuvre :
Chantal BEAUVALOT, Christine GOUZI, Stéphanie CANTARUTTI et al., Albert Besnard (1849-1934). Modernités Belle époque, catalogue d’exposition, Évian, Palais Lumière, Paris, Petit Palais, Somogy, 2016, p. 124, cat. 26, repr.

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