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Aquarelle sur mise en place à la pierre noire.
29.8 x 24 cm
Baron Antoine-Jean Gros (Paris 1771 – Meudon 1835)
Napoléon visitant
le champ de bataille d’Eylau

Esquisse préparatoire pour le tableau du Louvre

Antoine Jean Gros grandit dans un milieu propice aux Arts. Son père, Jean Antoine Gros, était peintre de miniatures et sa mère dessinait. A l’âge de 15 ans, il intégra l’atelier de David et à 21 ans il concourut pour le prix de Rome sans succès. Après la mort de son père, il partit pour Gênes où il fit la rencontre de Mme Bonaparte et de son mari. Le futur empereur lui donna un grade dans l’armée et plus tard le chargea du choix des œuvres d’art destinées au Louvre, que Bonaparte réclamait comme tribut de guerre. Le baron Gros a retracé les grandes pages de l’épopée napoléonienne notamment le tableau de La Bataille d’Eylau, exposé en 1808.

Notre aquarelle est un détail de ce tableau : La Bataille d’Eylau conservé au Musée du Louvres représentant uniquement Napoléon. La bataille d’Eylau fut livrée le 8 février 1807 au nord de la Pologne. Il s’agit d’un des épisodes les plus meurtriers et les plus inutiles de l’épopée Napoléonienne. Le Maréchal Ney parle de cette défaite évitée de peu en ces termes : « Quel massacre, et sans résultat ».

D’autres peintres ont réalisés des tableaux sur ce thème tels que Vivant Denon ou Charles Meynier, qui y introduisit des nus à l’antique. L’interprétation du Baron Gros parait plus libre. Napoléon est représenté les yeux levés vers le ciel et le bras tendu, la paume tournée vers le haut. On retrouve le même type de représentation dans un des tableaux de l’artiste « Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa ». La posture de l’empereur renvoie au thème du roi thaumaturge ; elle fait surtout penser à une bénédiction christique. Gros aurait pu aussi s’inspirer de la célèbre statue équestre de Marc-Aurèle. Par ailleurs, on peut également faire un lien avec l’illustration d’Hubert- François Gravelot pour une édition de La Henriade de Voltaire, parue en 1768, où l’on voit le bon roi Henri prodiguer sa mansuétude aux soldats ennemis vaincus.

Il existe une autre version à la pierre noire de notre dessin préparatoire au Musée des Beaux-Arts de Nancy (n° d’inventaire 300). Par ailleurs, les rehauts d’aquarelle donnent des indications de couleurs pour l’élaboration de l’œuvre définitive et la présence de nombreux repentirs renforce l’idée qu’il s’agit d’une première ébauche.

Nous remercions Mr David O’BRIEN qui après examen de l’oeuvre, nous a confirmé son authenticité.

Bibliographie :

• O’BRIEN David, Antoine-Jean Gros, peintre de Napoléon, Gallimard, 2006, p.154-165.