Nicolas Mathieu EEKMAN (Bruxelles 1889 – Paris 1973)

« La Marotte »

Plume et aquarelle sur mise en place au fusain Signée et titrée « La Marotte »

D’origine hollandaise, Nicolas Mathieu Eekman obtint dans un premier temps un diplôme d’architecte. Il n’exerça cependant pas longtemps ce métier, se vouant avant tout à la peinture, à la gravure et au dessin.
Durant la première guerre mondiale, il vécut en Hollande, où il approfondit les diverses techniques et se spécialisa dans la gravure du bois. Ensuite il s’installa à Paris, où il participa à des expositions collectives. En 1928, il rejoint l’exposition de la galerie Jeanne Bucher avec un autre artiste hollandais qui deviendra un de ses amis : Piet Mondrian.

L’historien de l’art flamand, Paul Fierens, a situé l’œuvre d’Eekman dans le lignage du célèbre « peintre des paysans » Breughel. Cependant, Eekman reste attaché au réel, mais il est également attiré par la fantaisie, s’exprimant dans un style inventif. Ainsi, Nicolas Eekman est un artiste à la fois enraciné dans une longue tradition et un créateur absolument neuf. En effet, vers le milieu de sa vie, l’artiste sera influencé par le cubisme.

Notre dessin représente un personnage vu de profil tenant dans sa main une marionnette. Ce dernier porte une tenue comparable à celle d’un arlequin ainsi qu’un bonnet décoré d’une branche d’olivier. Son visage est pétri par les années et se caractérise par un profil creusé et découpé. Il regarde en souriant sa marionnette, qui lui répond elle-aussi par un large sourire. Chez Eekman, peu d’horizons lointains limitant de vastes espaces derrière ses sujets, car ce sont eux qui intéressent l’artiste.
Notre dessin est assez proche dans sa composition des « Boîtes vides » (peinture aux encres, 52 x 35 cm) peintes en 1971 par Eekman. En effet, on retrouve un profil d’une femme portant un bonnet décoré d’une branche de vignes. Elle tient entre ses mains une pile de boîtes qu’elle regarde attentivement. Là aussi l’accent est mis sur le regard du personnage qui lie l’homme à l’objet.

Bibliographie :

• « Nicolas Eekman 1889-1973 », Le Sillon Nicolas Eekman, Somology Editions d’Art, 2004.

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