Jacques-François Joseph SWEBACH, dit SWEBACH-DESFONTAINES (Metz 1769 – Paris 1823)

"La réparation du fiacre à l’entrée du village"

27,3 x 40,6 cm
Plume, encre noire et aquarelle sur traits de pierre noire. Signé et daté 1802 en bas à droite.

Jacques-François Joseph Swebach commença sa formation à Metz auprès de son père, un peintre de scènes militaires. Il la poursuivit à Paris aux côtés de Michel Hamon-Duplessis. Il réalisa, durant la Révolution et les guerres napoléoniennes, de nombreuses illustrations d’épisodes militaires ; il participa notamment à la vaste entreprise d’édition des Tableaux historiques de la Révolution française (1802). Swebach collabora à la décoration de la Malmaison, et occupa de 1802 à 1813 l’importante charge de premier peintre de la Manufacture de Sèvres. Il travailla ensuite cinq années à Saint Pétersbourg.
Au cours d’une carrière qui le mit en rivalité avec des artistes comme Demarne et Boilly, Swebach se montra un habile pasticheur et un paysagiste talentueux, sensible au goût anglais alors en vogue. Nombre de ses œuvres sont gravées ; il pratiqua lui-même l’eau-forte, publiant notamment en 1806 une Encyclopédie pittoresque de cent quatre-vingts planches.

Swebach compose ici l’une des scènes pittoresques dont il est familier. A l’entrée d’un village, un fiacre conduit par quatre chevaux blancs est arrêté. Un charron est occupé à réparer l’une de ses roues. L’agitation règne autour du fiacre : des badauds l’entourent, un chien est posté au premier plan, quelques enfants, des cavaliers et un tombereau complètent ce décor fourmillant. L’artiste a encadré cette large route de terre battue de quelques traits de végétation à droite, et de quelques bâtisses formant l’arrière-plan à gauche. On reconnaît sa manière de figurer l’architecture, en lignes géométriques dessinant des formes simplifiées.
Le dessin de Swebach est minutieux ; sur des traits de pierre noire, la plume précise des personnages aux allures élancées, des chevaux sveltes à l’anatomie caractéristique. L’aquarelle souligne une scène principale où l’ocre jaune, le gris et le brun dominent, rehaussés de quelques touches rouges, bleues et vertes. Les scènes du second plan, aux contrastes plus doux, sont prises dans une tonalité ocre et grisée.
On peut confronter notre feuille au tableau Le Coche, une huile sur toile conservée au Musée des Augustins de Toulouse. Swebach y figure également au centre un coche, conduit par un couple ; la physionomie des chevaux est comparable. Le relais de poste (lavis, vente Daussy de Ricqlès, Paris, 18 mars 1992, n°12), représente la même agitation autour d’un fiacre, à l’arrêt dans un relais de poste : des cavaliers tournent autour, un homme s’affaire à la réparation, des chiens regardent la scène. On peut enfin comparer la technique de notre œuvre à celle de la Charrette tirée par quatre chevaux (aquarelle, vente Christie’s, Paris, 23 mars 2006, n°324) : on y retrouve la primauté du dessin, rehaussé d’une aquarelle légère où l’ocre domine, et le même type d’architecture géométrisée et épurée.

Bibliographie :
J. RENOUVIER, A. de MONTAIGLON, Histoire de l’art pendant la Révolution, Paris : J. Renouard, 1863

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