Henri Joseph HARPIGNIES (Valencienne 1819 – Saint Prive 1916)

« Vue de Paris depuis la rue Gracieuse regardant vers la Rue Monge et l’hopital de la Salpétrière »

Pierre noire et aquarelle. Signé et daté « H.Harpignies 93. 8bre » en bas à Gauche, et situé « Vue pris de la Gracieuse, en bas de la rue Monge et la nouvelle école de la ville dans le fond la Salpétrière »

Ce n’est qu’à l’âge de vingt-sept ans qu’Henri Joseph Harpignies embrassa la carrière d’artiste et entra dans l’atelier du peintre paysagiste Jean Alexis Achard. Sur les conseils de ce dernier, Harpignies entreprit en 1850 un voyage à Rome ; des paysages italiens naquit sa conviction de la primauté de la structure sur la couleur : "J’aimais la forme, elle existe là par excellence comme partout dans la campagne romaine ; c’est là que je l’ai bien comprise, et elle a été mon guide pendant toute ma carrière ".

De retour en France, il participa pour la première fois au Salon en 1853 où il exposa ensuite régulièrement et remporta en 1897 la Grande Médaille d’honneur.
Dès 1850, Harpignies pratiqua l’aquarelle, qui devint son véritable moyen d’expression et lui permit d’exprimer les variations de la nature au gré des saison.

Essentiellement paysagiste, ce "Michel-Ange des Arbres" comme le surnommait Anatole France ne s’inséra dans aucun des courants successifs qui agitaient alors l’évolution de la peinture et, bien que très influencé par Corot, il affirma rapidement sa propre personnalité.
La fraicheur et la luminosité de ses paysages en firent un aquarelliste réputé, récompensé par de multiples médailles et invité par Whistler à exposer au Royal Institute de Londres.

Davantage connu pour ses paysages naturalistes, Harpignies réalisa cependant quelques vues parisiennes, et étudia l’aspect de la ville aux différentes heures de la journée. La délicatesse et la subtilité de cette oeuvre en est un excellent exemple.
La technique de l’aquarelle permet de traiter le paysage urbain de façon atmosphérique, par le biais d’un lavis gris et de couleurs très diluées.
La vue, située en contre-bas, est dominée par une lumière lavée, et un ciel changeant, animé de gris et de bleu.
Elle se différencie ainsi de vues citadines antérieures beaucoup plus contrastées et structurées, comme "Le boulevard Saint-Germain" de 1887 (Paris, Musée du Petit Palais) ou la "Vue prise d’une fenêtre du n°6 de la rue Furstenberg" de 1882 (Collection privée).

Par ailleurs, la nature, toujours présente dans les vues de Harpignies, est ici illustrée avec finesse d’une part, par le jeu sur les différentes nuances chromatiques de vert, et d’autre part, par la dépiction des arbres et des branches, traitées au lavis d’encre de Chine et animées d’une vie propre.

Bibliographie :
- Catalogue de l’Exposition de 25 tableaux, 40 aquarelles de Harpignies présentés par Lucien Moline dans les salons du Grand Hôtel de Roubaix du 28 avril au 7 mai 1928.
- Catalogue d’Exposition "Dessins de maîtres français : de Lebrun à Rodin", Galerie Patrick Perrin, Paris, 1991.

Provenance :
Vente d’un amateur parisien (Durville), Nice, 24-25 janvier 1942, lot n°10.

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