Lucien LEVY-DHURMER (Alger 1865-Vésinet 1953)

Tête de femme de profil

Pastel sur papier beige Signé et daté ’98 en bas à gauche avec un envoi « à mon ami Polak »

Sans avoir suivi la filière traditionnelle de l’enseignement des Beaux-Arts, Lucien Levy-Dhurmer fut néanmoins élève des peintres Raphaël Collin, Viot Wallet. Il fut, de 1887 à 1895, ornemaniste dans une manufacture de faïences à Golfe-Juan, technique qui influença certainement son maniement du pastel.
Il figura à Paris, au Salon des Artistes Français à partir de 1882 et dévoila ses œuvres dans des expositions particulières, notamment en 1896, à la Galerie Georges Petit, à Paris, exposition qui connut un grand succès et qui le fit apprécier tant des milieux artistiques que littéraires. Ami des poètes et des écrivains (Loti, Rodenbach, Mauclair, …), il fréquenta les milieux symbolistes notamment en participant aux Peintres de l’âme en 1896. Quelques décennies après, l’exposition des galeries du Grand Palais, en 1973, autour de Lévy-Dhurmer a montré l’évolution d’une tendance de l’art, injustement méconnue, certes restée en marges des grands courants novateurs du XXe siècle, mais que sa qualité interdit de négliger. Il obtint une médaille de bronze en 1900 dans le cadre de l’Exposition Universelle, à Paris.
Son art du pastel atteint des sommets de virtuosité technique et de subtilité d’expression. Lors de son séjour à Bruxelles, il rencontre tous les peintres symbolistes belges (Fernand Khnopff, Franz Von Stuck, Alphonse Osbert, …).
Lévy-Dhurmer reste avant tout le maître du symbolisme ésotérique : il évoque de préférence des apparitions évanescentes, des visages lointains aux mystérieuses pâleurs (le Silence, 1895) et, après 1920, des nus matérialisés dans un nuage de couleur (Nu bleu, Paris, Petit Palais).

Notre pastel représente une tête de femme de profil au modelé diffus et vaporeux. En effet, le visage souriant de la jeune femme parait assez mystérieux et flou.

Levy-Dhurmer était un très grand pastelliste et sa technique consistait le plus souvent en une adaptation vermiculée et un peu floue du divisionnisme de Seurat.

Bibliographie :

• Catalogue de l’exposition Musée d’Orsay « Le mystère et l’éclat, Pastels du Musée d’Orsay », Musée d’Orsay RMN, 2008.

• Catalogue de l’exposition Musée d’Ixelles à Bruxelles « Les peintres de l’âme, Le symbolisme idéaliste en France », SDZ Pandora, 1999.

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