Jean II COTELLE dit COTELLE LE JEUNE (Paris 1645 - Villiers-sur-Marne 1708)

Ceres dirigeant la moisson - Vénus et Apollon

19.8 x 25,4 cm (panneau) - 18 x 23.6 cm (à vue)
Deux gouaches rehaussées d'or sur vélin mis à l'ovale

Provenance :
Belgique, collection particulière.

« (…) Mr Cottelle de l’Académie Royale lequel est tout à la fois
un Excellent Peintre et un très-honnête homme. »

« Peintre ordinaire du Roy en son Académie royale » qu’il intègre en 1672, Jean Cotelle le Jeune pratiqua presque tous les genres de la peinture mais ce sont véritablement la peinture d’histoire et les scènes mythologiques qui définiront sa réputation. Illustrateur des Campagnes de Louis XIV , les talents de peintre de Cotelle étaient connus du monarque, qui approuva probablement lui-même sa nomination à la décoration du Trianon, et de Monsieur, frère du roi, pour qui il travaille à Saint-Cloud.

Formé auprès de son père Jean I Cotelle dit Cotelle le Vieux, Jean II le Jeune reçoit une formation d’ornemaniste, ce qui semble justifier la quête de la précision et de préciosité dans son travail. Ainsi, en mêlant sa formation et ses inspirations Cotelle donne véritablement naissance à un genre inédit qui traite de l’enchantement dans la miniature.

Considérées comme des modelli, le raffinement des gouaches de Cotelle en fait pourtant des œuvres finies. Elles sont systématiquement empreintes d’une atmosphère délicate et poétique, animées de personnages flottants apparaissant dans des nuées comme illustrations féériques du règne du roi Soleil. Nos deux scènes s’apparentent par ailleurs à des scènes de théâtre, un art très apprécié par le roi, dans lesquelles les nymphes et amours jouant et flânant alimentent une agréable sensation de légèreté. L’une d’elle présente un épisode de l’histoire de Vénus, figure mythologique très appréciée de l’artiste comme en témoigne son Livre de huit feuilles ou sont représentées plusieurs Aventures de l’Histoire de Vénus daté avant 1706. L’autre met en scène Cérès, déesse des moissons. La plupart des œuvres connues de l’artiste privilégient les figures connues de la mythologie, identifiables à leurs attributs, entourées de nymphes et amours animant l’ensemble.

Comme préservées de l’usure du temps, nos deux gouaches ont conservé tout leur éclat. Les couleurs sont maîtrisées, parfois éclatantes par endroit, de sorte à ce que l’œil se promène sur l’ensemble de la composition. Leurs dimensions réduites leur confèrent un aspect précieux, renforcé par le support de vélin et le double filigrane d’or courant élégamment autour des œuvres. Elles illustrent également une finesse d’exécution tant dans la quantité que dans la qualité de la représentation des détails, propre à l’œuvre de Cotelle. Les figures aux expressions faciales marquées et corps exagérément étirés déambulent nonchalamment, jouant de leurs drapés gonflés par la légère brise. Les joyeux putti potelés présentent une caractéristique commune aux œuvres de Cotelle : sur leur grand front sont dessinées une par une leurs boucles blondes. Ils célèbrent l’hymen par leur torche et la moisson de l’été par les blés.

À travers ces images, l’Amour et la France triomphent ensemble à la gloire du roi Soleil. Ces deux gouaches conservées dans leur cadre d’origine enrichissent le corpus très étroit d’un artiste connu comme l’illustrateur des grands formats du Trianon, pourtant établi de son vivant comme miniaturiste.

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