Aimé-Jules DALOU (Paris, 1838-1902)

Nymphe et faune (Le Baiser)

H. 21 cm

Circa 1900-1910.
Bronze à patine brune nuancée.
Fonte à cire perdue.
Signé sur la terrasse DALOU.
Cachet du fondeur Claude Valsuani.
Numéroté 3/12.

Provenance :
· France, collection particulière.

Œuvres en rapport
Version plus aboutie, plâtre patiné, H. 42 cm, Paris, Petit Palais, inv. PPS00334 (achat à Georgette Dalou en 1905) (ill. 1). Cette version fut éditée en bronze par Hébrard (contrat Hébrard-héritiers Dalou, 31 décembre 1902, no 8), en marbre, en grès et en biscuit de Sèvres.
Une épreuve unique en bronze, achetée par Henri Vever, joaillier, vers 1890, fondeur inconnu (sa vente, Paris, galerie Georges Petit, 1er février 1897, lot 183).

Fils d’un ouvrier gantier, Aimé Jules Dalou fut remarqué très jeune par Jean-Baptiste Carpeaux, qui l’engagea en 1852 à intégrer la Petite École, et suivit attentivement sa formation. Deux ans plus tard, Dalou rejoignit l’atelier de Duret à l’École des Beaux-Arts, mais continua sa vie durant de considérer Carpeaux comme son maître. Le jeune sculpteur souffrit de l’enseignement académique des Beaux-Arts qu’il délaissa rapidement. Il devait, quelques trente années plus tard, refuser le poste de professeur qu’on lui y proposait.
Les débuts de cet homme sensible, doutant de lui, furent laborieux. Après quatre échecs au prix de Rome (1861 à 1865), il s’adonna pour vivre à la sculpture décorative, réalisant des modèles pour un fabricant de bronze commercial, puis travaillant pour les orfèvres Favière et le décorateur Lefèvre. Il réalisa d’importants travaux décoratifs pour l’Hôtel de la marquise de Païva puis l’Hôtel Menier.
Jules Dalou connut un premier succès au Salon de 1870 avec une Brodeuse. L’État lui en commanda une version en marbre, mais la Commune ne lui permit pas de venir à bout de l’entreprise, entraînant l’artiste, sa femme et sa fille pour dix années d’exil en Angleterre où il fut chaleureusement accueilli. A son retour définitif à Paris, en 1880, le succès de Dalou alla croissant, assorti de médailles au Salon et de très nombreuses commandes privées et publiques.
A côté de l’image de la jeune mère, très appréciée de ses commanditaires anglais, la femme nue qui prend parfois les traits d’une nymphe est l’un des sujets de prédilection de Dalou. Il le développa surtout dans les dernières années de sa vie, au travers de nombreuses petites études vigoureuses en ronde-bosse à la terre cuite ou en plâtre qu’il n’exposa ni n’édita de son vivant. Semblant les avoir menées pour son seul plaisir, Dalou les conserva dans son atelier, puisant parfois dans ce charmant répertoire de formes pour l’élaboration de ses monuments.
Dalou ne fit éditer qu’un nombre infime d’œuvres de son vivant, mais envisagea plus sérieusement l’édition à la fin de sa vie, afin d’assurer la subsistance de sa fille. C’est ainsi que vers 1890, il réalisa un bronze intitulé Nymphe et Faune ou Le Baiser à la demande du joaillier Henri Vever. Une terre cuite très aboutie est conservée au Petit Palais, parmi les autres œuvres de l’artiste léguées à sa fille. Notre bronze est issu d’une esquisse très libre non localisée aujourd’hui. Il s’agit par ailleurs d’une fonte Valsuani, alors que les contrats d’édition initiés par les héritiers de l’artiste dès sa disparition en 1903 étaient signés avec Hébrard et Susse. Sur les douze exemplaires fondus par Valsuani probablement dès avant la mort de Dalou et à son initiative, deux seulement sont connus : celui que nous présentons, numéroté 3, et celui numéroté 1, en mains privées.

M.B. & A.Z.

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